La transition écologique de la filière parfums et cosmétiques

Prise de conscience des industrie des cosmétiques et des parfums

L’industrie des cosmétiques et des parfums est consciente que la demande des consommateurs pour des produits de plus en plus respectueux de l’environnement est croissante et qu’elle doit investir dans la transition écologique.

En se réunissant en « États Généraux » en octobre 2020 et en présentant aux pouvoirs publics « 30 mesures pour une relance durable et gagnante », les acteurs de la parfumerie-cosmétique française, ont souhaité que leur filière, compte tenu de son importance dans l’économie nationale et de sa place de leader mondial, soit plus visible et mieux entendue des pouvoirs publics.

L’installation en mars 2021 d’un « comité de filière » par la ministre déléguée auprès du ministre de l’économie, des finances et de la relance, chargée de l’industrie, Mme Agnès Pannier-Runacher, a répondu à cette demande. Ils ont aussi exprimé le souhait qu’une mission interministérielle soit chargée d’aider la filière à définir les attentes prioritaires des pouvoirs publics vis-à-vis de de la profession dans le domaine de la transition écologique.

Deux membres du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) et un membre du Conseil général de l’économie (CGE) ont été missionnés pour réaliser « une étude sur les enjeux de la transition écologique de la filière Parfums et Cosmétiques »

Impacts environnementaux des produits cosmétiques

| Boutique Côté Vrac à Saint-Germain-En-Laye

L’industrie des cosmétiques et des parfums est consciente que la demande des consommateurs pour des produits de plus en plus respectueux de l’environnement est croissante et qu’elle doit investir dans la transition écologique. Les impacts environnementaux des produits cosmétiques sont globalement peu connus. L’une des rares études estime que l’industrie cosmétique serait responsable, sur l’ensemble de la planète, de 0,5 à 1,5% des émissions totales de gaz à effet de serre (GES). Seules les entreprises les plus importantes recourent à des analyses du cycle de vie (ACV) pour évaluer l’impact environnemental de leurs produits et optimiser leur conception.

La transition écologique est devenue un thème majeur des stratégies commerciales ; des initiatives collectives pour mieux connaître et/ou maîtriser les impacts environnementaux sont en cours.
De nombreuses actions ont été entreprises dans le domaine des emballages des produits (utilisation de matériaux recyclés et recyclables, sortie du plastique, etc.), en conformité avec les exigences réglementaires. Des actions portent aussi sur l’optimisation des processus de production proprement dits (diminution des consommations en énergie et en eau, meilleur traitement des déchets, etc.).

Les actions relatives aux ingrédients sont peu développées et se limitent souvent à rechercher plus de « naturel » et de « bio », alors même que les impacts sur l’environnement des ingrédients ne sont que partiellement connus. Peu d’actions sont menées pour encourager un meilleur usage des produits ou encore diminuer l’impact environnemental des points de vente. Concernant les transports, importants pour une industrie très exportatrice, des initiatives existent, mais il conviendrait de les étendre et de les multiplier.

L’affichage environnemental

La définition des méthodes permettant de mettre en œuvre l’affichage environnemental dans le secteur des cosmétiques, nécessite de disposer de données précises, portant sur l’ensemble du process et des ingrédients. Le nombre des ingrédients dépassant 20 000, il est essentiel que les données les concernant soient aussi spécifiques que possible et tiennent compte notamment de leurs différents modes de production.

En tout état de cause, même si l’ensemble des données était disponible, élaborer un « score » environnemental unique, consistant à présenter sous la forme d’une note de A à E l’impact environnemental d’un produit cosmétique, nécessite de mettre en place des méthodes de calcul et de pondération des différentes atteintes à l’environnement à la fois éprouvées sur le plan scientifique et consensuelles entre représentants de la filière et pouvoirs publics.

Dans ce contexte, toutes les initiatives concourant à développer un système de notation sectoriel de l’impact environnemental des produits de beauté sont à saluer. À cet égard, la mission recommande aux pouvoirs publics et aux représentants de la profession au plan national de mettre en place une gouvernance, en charge de s’assurer que ces initiatives sont conformes à l’intérêt général et de nature à être utilisées par le plus grand nombre d’entreprises. Des expérimentations de l’affichage environnemental dans le secteur des cosmétiques pourront utilement être nourries par le bilan des expérimentations menées dans d’autres secteurs.

Des actions de communication devraient être menées, notamment à l’occasion de messages publicitaires, pour informer le consommateur sur l’importance de la modération dans l’usage des cosmétiques et sur les pratiques permettant de réduire leurs impacts, par exemple lors du lavage ou du rinçage, qui représenteraient environ 40% des émissions de GES du secteur.

Face à la multiplicité des labels qui se sont développés dans le secteur des cosmétiques et qui portent, le plus souvent, davantage sur l’origine des produits que sur leur impact environnemental, les pouvoirs publics et la profession devraient promouvoir l’Ecolabel européen, qui apporte les meilleures garanties sur le plan environnemental.

Les domaines de l’hygiène et de la beauté sont propices aux changements. Les entreprises paraissent prêtes à s’engager vers une transition écologique réussie et les consommateurs sont également demandeurs de changement et d’informations appropriées.

Les efforts du secteur vers la transition écologique doivent donc être poursuivis et amplifiés.

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